Canicule et sécheresse : quelles conséquences sur les milieux aquatiques ?

Les vagues de canicule successive de cet été, ont eu un impact conséquent sur les milieux aquatiques. Le Syndicat Mixte de la Vallée du Thouet sensibilise sur cette problématique, alors que l'on ne connaît pas encore toutes les répercussions à long terme.

Radio Gâtine · Sécheresse : quelles conséquences sur les milieux aquatiques ?

La première vague de canicule s'est abattue en France, du 17 juin au 30 juin. Quasiment deux semaines, où les températures ont parfois dépassé les 40 degrés. Trois mois plus tard, le constat est sans appel : l'été 2026, est le plus chaud jamais enregistré dans l'Hexagone. Les conséquences ont été multiples, pour les agriculteurs, , sur les maisons, mais aussi sur les milieux aquatiques. 

Le Syndicat Mixte de la Vallée du Thouet (SMVT) surveille, relève les températures, et observe la biodiversité du Thouet. Guillaume Charrueau et Anthony Benay, techniciens de rivière, rappellent un premier constat : "les cours d’eau s’adaptent naturellement aux saisons". Le problème, c'est qu'avec les vagues successives de canicule et l'absence significative de pluie, cette équilibre est de plus en plus fragile.

La truite fariot, un exemple d'espèce impactée

Pour illustrer les difficultés  que subissent les milieux aquatiques, les deux techniciens de rivières prennent un exemple : celui de la truite fario. Cette espèce de poisson, bien connue pour ses observateurs du Thouet, est un vrai indicateur biologique. "La température de confort d'une truite c'est entre 4 et 17 degrés, dans les cours d'eau, versus les 40 à 44 degrés qu'on a connus dans l'atmosphère", enseigne Guillaume Charrueau. Si la température de l''eau atteint 25 degrés, là, ça devient létale pour cette espèce. "On constate en moyenne, sur l'ensemble des stations suivies, environ 2 degrés de plus" témoigne Anthony Benay. La station du Tallud, station médiane pour le SMVT car suivie depuis plusieurs années, affiche normalement des eaux "à 20, 21 degrés, maximum. Cette année, on est monté à une température moyenne de 22,5 degrés sur l'ensemble de l'été". Deux degrés de plus, ça peut paraître anecdotique, mais on se rapproche d'une température létale pour des espèces comme la truite fario. 

"L'étiage est extraordinairement long"

Si les micro-organismes sont aussi impactés, notamment les larves de libellules, l'étiage inquiète les experts du Syndicat Mixte de la Vallée du Thouet. "L'étiage c'est un phénomène qui correspond au fait, qu'en fin d'été, après une période de plusieurs semaines avec moins de pluie, les cours d'eau sont plus bas" pose Guillaume Charrueau. Avec un été classique, le plus fort de l'étiage, "c'est en ce moment, fin août, début septembre". Très vite, "septembre début octobre, la pluviométrie se remet en place et on a traversé l'été". "Cette année, l'étiage a été extraordinairement long, on l'a constaté fin juin-mi juillet" alerte le technicien. Comment les cours d'eau vont avoir la capacité à traverser ces épisodes de chaleur, toujours plus intenses ? Difficile de répondre à cette question, mais elle inquiète les spécialistes. 

Malgré ce constat assez alarmant, le SMVT note quand même quelques aspects positifs : certains cours d'eau réagissent mieux que d'autres, apportant encore quelques espaces de fraîcheur. Le syndicat apporte aussi quelques solutions pour entrevoir un meilleur futur pour les milieux aquatiques : "renaturer les cours d’eaux, et redonner de la libre circulation aux espèces pour qu'elles encaissent mieux ces vagues de canicules". 

Sony BERGER