L'invité du lundi : zoom sur les troubles du neurodéveloppement avec Cécile Giraud, membre de l'Atypik Kfé

Le centre socioculturel l'Arpentèle et l'Atypik Kfé organisait, ce samedi 10 octobre, une journée de sensibilisation aux troubles du neurodéveloppement. L'occasion de revenir sur ces troubles avec Cécile Giraud, membre active de l'Atypik Kfé et maman d'une fille neuroatypique. 

Radio Gâtine · L'invité du lundi : zoom sur les troubles du neurodéveloppement avec Cécile Giraud, membre de l'Atypik Kfé

"Et si on parlait de nos drôles de drôles". Référence à la Gâtine, dans le nom donné à ce forum autour des troubles du neurodéveloppement, ce samedi 10 octobre, à la salle des fêtes  de Châtillon-sur-Thouet. Conférences, présence de professionnels, et la pièce de théâtre Dys sur Dix ont rythmé cette journée de mise en lumière des enfants neuroatypiques. Une date symbole pour apporter les troubles "dys" en ce 10 octobre (10/10) journée mondiale de la santé mentale.

Pour revenir sur cet événement mais plus largement, aborder le quotidien d'une maman d'une fille neuroatypique et pour mieux comprendre ces troubles, Cécile Giraud, membre active de l'Atypik Kfé depuis sa création en 2024, était en direct avec nous ce matin.

« Et si on parlait de nos drôles de drôles » c’était le nom donné à ce forum. Comment s’est passée la journée de samedi ?

Cécile Giraud : On est très content. On a eu une très belle fréquentation pour cette première édition. On a eu 160 personnes qui sont venues tout au long de la journée, les stands étaient bien occupés avec des questions posées, des têtes que l'on ne connaissait pas, et je crois des appréciations positives sur la qualité des conférenciers. Samedi matin, on a parlé des troubles autistiques et l'après-midi, on a plus abordé les troubles dys : comment les connaître, comment mieux vivre avec, ou s'intégrer à l'école malgré ces troubles. 

Quand on parle de troubles neuroatypiques, on fait référence à quels troubles exactement ?

C.G : Ca va du spectre de l'autisme, en passant par tout ce qu'on appelle les troubles de l'apprentissage : la dyslexie, la dysorthographie ou la dyscalculie. Il y a aussi les troubles du langage comme la dysphasie, et les difficultés dans le geste, c'est ce qu'on appelle la dyspraxie. Celui dont on parle beaucoup en ce moment, c'est le TDH. Ce sont tous des troubles du neurodéveloppement. 

Comment on les décèle ? 

C.G : Souvent à l'école pour les troubles de l'apprentissage. Au moment ou il faut apprendre à lire ou à écrire, on se rend compte que ça parait beaucoup plus complexe que pour les autres. Nous parents, on va s'en rendre compte beaucoup plus tôt. On les connaît nos enfants, et on trouve qu'il y a quelque chose qui cloche. Si je peux parler de ma fille, elle a à la fois des problèmes de motricité et des traits autistiques. Dans certaines situations, pour des enfants du même âge, elle était loin du niveau. Et après il est très important de se tourner vers des professionnelles qui vont faire des premiers bilans : des psychomotriciens, des ergothérapeutes, des orthophonistes et des neuropsychologues. 

Ces rendez-vous sont pris en charge ? 

C.G : Plus ou moins. Ça dépend du circuit par lequel on passe. Malheureusement, les circuits partiellement gratuits sont largement saturés. Moi je suis sur un circuit gratuit, mais j'ai dû attendre deux ans et demi avant que ma fille puisse être suivie par le CMPP (Centre médico-psycho-pédagogique). À côté de ça, on lui proposait des séances avec un ergothérapeute libéral et ça c'est à la charge des parents. C'est coûteux en argent mais également en temps. 

Pour permettre aux parents concernés de se rencontrer et d’échanger, vous faites parti de l’Atypik K’fé depuis ces débuts en 2024

C.G : C'est un collectif de parents d'enfants neuroatypiques. C'est Anaïs Vilain qui en est à l'origine, elle est maman d'un petit garçon qui a plusieurs troubles. Elle est venue taper à la porte de l'Arpentèle, qui à un axe de soutien à la parentalité dans ses missions. Il y a un petit noyau de parents, on se donne rendez-vous une fois par mois et ça dure depuis 2 ans et demi. Soit on fait un temps d'échange libre, soit on fait venir des professionnels ou des associations qui accompagnent ce type d'enfants. Le prochain rendez-vous est le samedi 7 novembre à l'Arpentèle. 

Légende : Plus de cent personnes se sont réunis à la salle des fêtes de Chatillon-sur-Thouet, ce samedi 10 octobre

Sony BERGER