« Vous avez déjà eu un cancer, vous n’en n’aurez pas un deuxième » : L’accès à la mammographie et à la radiographie toujours aussi difficile d’accès


11 décembre 2025

La Ligue contre le cancer incite les femmes à se faire dépister pour pouvoir soigner à temps les cancers du sein. Problème, l'accès à la radiologie et donc à la mammographie est de plus en plus compliqué. À Parthenay, le maire a même adressé un courrier à l'Agence régionale de santé, à la CPAM et aux parlementaires.

À l'occasion de la remise de chèque au profit de la Ligue contre le cancer vendredi dernier, les filles de Parthenay ont laissé la parole au maire Jean-Michel Prieur. Après avoir félicité les Filles de Parthenay pour une édition record, le maire, président de la communauté de communes Parthenay-Gâtine et président du conseil de surveillance du Centre hospitalier nord Deux-Sèvres a évoqué les difficultés pour prendre un rendez-vous afin de réaliser une mammographie. Un comble, quand on sait que le dépistage peut permettre de prendre en charge rapidement les cancers du sein et de les soigner avant qu'ils ne se développent. "On sait bien que pour un cancer du sein détecté à un stade précoce, on a neuf chances sur dix de le guérir", expliquait la députée Delphine Batho, chez nos confrères d'Ici Poitou, en novembre dernier.

À partir de 50 ans, la CPAM envoie une invitation pour effectuer un dépistage. Jusque-là, ça va. Mais, après, c’est le parcours de la combattante. "Je prends mon exemple", commençait Martine Pelonnier-Magimel, la présidente de la Ligue contre le cancer dans les Deux-Sèvres, lors de la remise de chèque. "J'ai reçu la convocation en janvier. J'en suis à mon trentième appel, je suis sur une liste d'attente et je n'ai toujours pas de rendez-vous. Je vais être sincère, on m'a dit textuellement « Vous avez déjà eu un cancer, vous n’en n'aurez pas un deuxième ». Un témoignage qui résume le quotidien de nombreuses femmes. "On ne peut plus se faire dépister. Je ne sais pas ce qu'il faut faire pour qu'on arrive à être entendue", alerte la présidente.

"DAVANTAGE DE CONTRÔLE EN MATIÈRE DE SANTÉ FACE AUX ORIENTATIONS MERCANTILES DES GROUPES PRIVÉS"

Depuis octobre 2023, il est possible de réaliser des mammographies à l'hôpital de Parthenay. Là aussi, le constat est sans appel, il faut plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous. Sauf dans certaines situations, où la prise de rendez-vous peut être accélérée, en acceptant de payer un dépassement d'honoraires. "Des personnes ont pu obtenir des créneaux pour des radios sur des délais qui sont plus courts que ceux proposés en secteur conventionné. Ça pose une question de logique et de principe", traduit le maire de Parthenay. 

Le plateau de radiologie de Parthenay se situe bien dans un hôpital public, mais il n’est pas public. Le service de radiologie est conduit par une entreprise privée : le groupe RadioNiort, filiale du réseau Simago. On peut leur demander de payer des dépassements d’honoraires. Les radiologues facturent ces dépassements. Pour faire simple, ils facturent leurs prestations à un tarif supérieur au tarif conventionnel fixé par l'Assurance maladie. Au final, ça fait plus d'argent dans les poches du réseau Simago. "Il faut leur rappeler leur responsabilité en tant que médecins et radiologues. Ils se doivent d'apporter des propositions concrètes sur le territoire", fustige Jean-Michel Prieur. Pour résumer, faire de l'argent, c'est oui, mais pas au détriment du service proposé à la population. 

Pour alerter sur cette situation, Jean-Michel Prieur a adressé un courrier ce mardi 9 juillet à l'Agence Régionale de Santé, à la CPAM et aux parlementaires : "Il nous semble désormais nécessaire que les autorités publiques reprennent davantage le contrôle en matière de santé face aux orientations mercantiles des groupes privés pour que ceux-ci retrouvent l'éthique et l'efficacité des soins à rendre", écrit le maire et le président de la CCPG. "Quant à cette situation, nous souhaiterions que vous fassiez pression afin que le groupe Simago retrouve les bases du partenariat équilibré qui était à l'origine de notre installation dans une enceinte publique", conclut Jean-Michel Prieur. 

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