18 décembre 2025
Les artisans du bâtiment se sont mobilisés, mercredi 17 décembre à Niort, pour dénoncer les allers-retours de l'Etat sur Ma PrimRénov' , ou des concurrences jugées déloyales.
Les petites entreprises du bâtiment, de 1 à 20 salariés, se sont mobilisées un peu partout en France hier à l’initiative de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Dans les Deux-Sèvres, à Niort, le syndicat a rencontré le secrétaire général de la préfecture. La Capeb voulait exprimer un ras le bol général, à travers 4 points précis.
Ma PrimRénov'
Depuis 1 an, les artisans du bâtiment se trouvent dans une impasse complète avec MaPrimRénov', ce dispositif d’aide à la rénovation énergétique d’un habitat. Mickaël Berthelot, président de la Capeb79 dénonce 14 changements de caps depuis le début de l’année. "On va apeller ça la Saga MaPrimRénov' avec des changements qui s'opèrent sur la sortie du chauffage biomasse du dispostif, la sortie de l'isolation intérieure et extérieure. Aujourd'hui on veut monter des appareils de chauffage performants dans des maisons non isolées. On a une mise à l'arrête de MaPrimRénov' du au non vote du budget. On va encore mettre du doute à nos clients, et une vision morose à nos artisans du bâtiment"détaille le président. L'aide pourrai être tout simplement suspendue si le budget 2026 n’est pas voté par le Parlement.
La gestion des déchets de chantier
Deuxième point, la récupération des déchets. Le dispositif REP a été mis en place en 2023 et devait servir revaloriser les déchets de chantiers. Pour le président de la CAPEB, ce dispositif a été perverti. "Il y a eu des échos organismes qui ont à leur tête les mastodontes du BTP qui au delà de financer la collecte des déchets ont voulu financer aussi par ce dispositif leurs retraitements. Aujourd'hui, on nous demande d'allonger ces échos contributions de l'ordre de 800 000 d'euros. On va encore alourdir la facture du particuliers pour un service qui n'est pas là."
Les microentreprises
Instauré par une loi de 2008, le statut de micro-entreprise "devait servir de tremplin pour commencer une activité". Problème pour la Capeb, il y a un manque d’équité. "On se retrouve sur nos chantiers avec des gens qui n'ont pas la même équité fiscale et sociale que les entreprises du bâtiment. C'est une concurrence déloyale. Il y a aussi ce phénomène de transmission de savoir. Il faut que nos entreprises forment des jeunes pour demain et l'autoentreprise ne forment pas" assure le président, lui même artisan.
Le Gazole non-routier
Dernier point aborder par la Capeb, la taxation du GNR, le gazole non-routier. "Le monde agricol l'a détaxé et nous entreprise de travaux publics on l'a taxé. On se retrouve sur nos chantiers de BTP, avec une concurrence du monde agricol qui a accès à un carburant en 2026, 30 centimes moins chers que nous. D'ici 2030, ça sera 60 centimes. C'est 15€ d'écart du prix de l'heure de la pelleteuse. On demande de l'équité et des contrôles des services de l'État" conclut Mickaël Berthelot.
Après la réunion avec le secrétaire général de la préfecture, la Capeba eu le sentiment d’être "entendu", sans pour autant avoir de garanties. L’instabilité politique autour du budet paralyse toutes les prises de décisions. Mickael Berthelot, regrette aussi l’amalgame entre petite entreprise et grands groupes, concernant les fraudes liées à ma PrimRénov.

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