Une canalisation de 8km pour avoir plus d'eau potable : c'est le projet de l'usine de traitement du Cébron et du syndicat des eaux du Thouarsais


06 octobre 2026

Après l'été caniculaire que les Deux-Sèvres ont traversé, l'usine qui traite l'eau de 174 000 habitants du réseau fait le point et anticipe d'autres étés comme celui-ci. La Société Publique locale des eaux du Cébron (SPL), à Louin, projette la construction d’une canalisation de 8 km pour avoir plus d’eau potable.

Le président-directeur général de l'usine de traitement des eaux du Cébron semble relativiser la gestion de l'eau potable après un été de très fortes chaleurs. Philippe Albert souligne le fait qu'en 2022, la quantité d'eau disponible était plus critique parce qu'il n'avait pas autant plu en amont de l'été. En juin 2026, lorsque les fortes températures sont arrivées, la réserve d'eau du Cébron était pleine. En mars, le barrage était déjà rempli, donc il stockait un peu plus de 11 millions de mètres cubes d'eau. Actuellement, il y a 4 millions de mètres cubes. "On a les réserves nécessaires pour fournir jusqu'à décembre", précise Claire Vrignaud, la directrice administrative de la SPL. Chaque mois, les besoins s'élèvent à 500 000 mètres cubes.

Un record de besoins en eau sur une journée

L'été s'est passé sans encombre pour la SPL, mais cela n'a pas été le cas pour tout le monde. Elle a dû venir en aide au Syndicat des Eaux du Centre-Ouest Deux Sèvres (Seco) qui était en "alerte crise" en juillet. Le PDG de l'usine du Cébron veut anticiper les étés futurs et, pour lui, il faudrait envisager "des retenues complémentaires avec l'étude du nouveau schéma départemental". Cette année, le Département entame une grande réflexion pour mettre à jour sa politique de l'eau potable. Ce qui consiste à "projeter les besoins en eau, les projets d'interconnexion entre ressources et les travaux structurants à l'horizon 2040", précise Claire Vrignaud. 

Dans les premières journées au-dessus des 40°C, fin juin, les demandes d'eau potable ont été très élevées. "1,8 fois une journée moyenne", précise la directrice de l'usine. "On n'imaginait pas, il y a deux ans, arriver à ça dès maintenant", souligne-t-elle. Des besoins en simultané qui "challengent" les fournisseurs d'eau, comme l'explique la responsable. Les canalisations peinaient à acheminer l'eau jusqu'aux châteaux d'eau avant qu'ils ne soient vidés par les usagers. 

Produire plus d'eau potable avec les sources de Seneuil

Pour éviter la pénurie, l'usine de traitement des eaux du Cébron va se raccorder aux sources de Seneuil, sur la commune du Chillou, avec une canalisation de 8km. Le syndicat d'eau local, celui du Thouarsais, exploite déjà cette eau, sauf quand il pleut. Elle est pompée et redistribuée sans traitement, faute d'usine. En hiver, la pluie ramène des éléments dans l'eau, ce qui la rend impropre à la consommation. Pour "optimiser la ressource", déclare Philippe Albert, une canalisation va relier ces sources à la SPL. En toute saison, cette eau pourra être utilisée. Un million de mètres cubes d'eau va s'ajouter à la production initiale de la SPL. Elle sera mélangée à l'eau du Cébron pour limiter le taux de nitrates, élevé dans les sources de Seneuil. La directrice confirme qu'il n'y aura pas de traitement spécifique pour ces composés chimiques qui découlent de l'élevage, mais leurs taux seront sous le maximum autorisé. Les travaux vont coûter 6,5 millions d'euros. Le PDG estime que l'usine investira "entre 2 et 4 millions et le reste sera à la charge du syndicat d'eau du Val du Thouet (SEVT)." Le raccordement devrait être fonctionnel à l'automne 2028.

Aller vers la solution de la sobriété

Optimiser les sources de Seneuil, c'est l'une des solutions avancées par les responsables de l'usine de traitement des eaux du Cébron, mais la sobriété est aussi évoquée. Philippe Albert déplore que "certains terrains de foot soient encore arrosés avec de l'eau potable". Il estime qu'auprès des particuliers et des collectivités, il y a encore du travail à fournir en matière de sobriété. La directrice de l'usine évoque la tarification saisonnière qui pourrait être mise en place pour inciter les consommateurs à se raisonner.

Alice LEJEUNE

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